« Ça fonctionne ? Vendez-le ! » est le titre d'un papier rédigé par S. Guérin et visible ici : http://www.stephguerin.com/archives/ca_fonctionne_vendez_le

Il n'a pas tort : il faut commercialiser un produit ou un service dès qu'il existe, même s'il n'est pas finalisé, voire même pour certains services avant qu'ils ne soient créés.

À la fin de son article, il résume sa pensée en quelques mots. « Bref, est-ce que votre produit fait ce qu'il a à faire ? Oui ? Alors mettez-le sur le marché ! N'attendez surtout pas. Plus vite il est sur le marché, plus vite vous ferez de l'argent. Avec cet argent, vous pourrez améliorer le produit. Sans cet argent, vous aurez un beau produit qui n'ira nulle part. Que préférez-vous : Un produit correct qui vend ou un produit parfait qui restera sur la papier faute de moyens ? »

1. Peut-on rentabiliser une invention sans brevet ?

Pour une PME ou une TPE, est-il vraiment nécessaire qu'un produit utile, découlant d'une idée novatrice, soit breveté avant d'en faire la commercialisation ?

Comment savoir si un produit ou un service peut se transformer en une réussite commerciale ? Le concept répond-il à un besoin ? Est-il parfait pour un client tout en étant mal adapté pour un autre ?

Une étude de marché peut bien aider à prévoir le potentiel de vente, mais rien de mieux que l'expérience découlant d'une mise en marché pour connaître l'engouement du client pour un produit novateur ou un service original. Mais alors, pourquoi ne pas le mettre sur le marché au plus tôt ? Ça me semble la meilleure façon d'obtenir des commentaires de clients afin de le faire évoluer. La réalisation des modifications ou des ajustements nécessaires sera simplifiée parce que le tout nous semblera plus concret.

Les brevets et autres trucs compliqués sont mieux adaptés aux besoins des grandes entreprises qui disposent de temps et d'argent pour mettre en place des processus sophistiqués et coûteux.

Le risque qu'une invention devienne désuète parce que non exploitée est bien plus grand que de se faire voler son idée par un opportuniste. Surtout que quelqu'un d'autre peut bien avoir la même idée tout à fait par hasard.

2. Entrepreneuriat social

Faut-il vraiment attendre d'être riche pour entreprendre ?

Voici ce qu'en pense monsieur Paul-Arthur Fortin, directeur général de "Accès Entrepreneur inc." (Canada) : « On n'est jamais trop pauvre pour entreprendre, c'est juste un peu plus long ! » cf. l'article intitulé « Aux gran...

Démarrer une petite entreprise afin d'exercer son métier comme travailleur indépendant n'est pas très exigeant au plan de l'investissement.

Cependant, monsieur Fortin voit plus grand lorsqu'il nous fait part de sa définition de l'entrepreneuriat que voici : « c'est faire de grandes choses avec de petits moyens. »

Toutefois, il me semble qu'il est bien plus simple de se regrouper pour entreprendre de grandes choses avec des moyens financiers limités. Voilà qu'entre en jeu le concept de l'entrepreneuriat social.

Selon lui, il est capital de s'impliquer dans la gestion de divers organismes à but non lucratif, à titre de membre du conseil d'administration. Il convient d'identifier des organismes sérieux qui peuvent s'intéresser aux services d'indépendants. Souvent, il peut même être utile de créer une coopérative de travailleurs avec un entrepreneur qui a déjà une activité et un réseau de collaborations.

Est-ce que l'entrepreneuriat social est une formule idéale pour devenir riche ? Est-ce que l'objectif d'un travailleur indépendant ou d'une entreprise est forcément et uniquement l'enrichissement financier ? L'entraide et la collaboration sont aussi des formes d'enrichissement, qui sont d'ailleurs valorisés, puisque l'on parle de plus en plus de mise à disposition de compétences, notamment dans le "sponsoring de compétences".

Ce qui compte est que ça bouge, qu'une activité soit en place et permette de faire vivre des individus. L'entrepreneuriat social semble être une alternative par excellence pour démarrer au plus tôt des projets novateurs avant qu'ils ne deviennent démodés.

3. L'entreprise écologique

Est-ce que l'univers de l'entreprise en occident, et son fonctionnement économique basé sur le profit financier est viable et pérenne ? La compétition est-elle le seul mode de développement viable de la vie économique ? Les entreprises leader sont-elles vouées à être pérennisées ? Collaborations plutôt que compétitions, ne serait-ce pas un autre mode de fonctionnement possible ?

Dans les différentes réflexions sur l'entrepreunariat, il ressort souvent qu'une entreprise ne peut être viable et équilibrée que si elle équilibre son fonctionnement interne (communication interne, relations de confiance et de respect entre les travailleurs, management empathique) et son fonctionnement externe (commercialisation éthique, relations partenariales équitables, relations empathiques avec les clients). Une entreprise peut être vue comme un être vivant au sein d'un écosystème : chacun a besoin des autres, et ce sont les relations équilibrées entre les différents éléments qui provoquent leur pérennité.

Les entreprises sociales, alternatives et solidaires ont chacune à leur manière trouvé doucement, et pour la plupart sûrement, leur activité et un rythme de croisième convenable. Comme je le soutiens souvent, le marché ne se définit pas que par les quantités de ventes directes. Il est aussi définit par la qualité des relations, la fiabilité et l'imagee des produits, des services et de l'entreprise, et encore par l'ambiance véhiculée par les commerciaux et la communication de l'entreprise. Le marché pérenne est donc un équilibre entre quantité (pour faire vivre les travailleurs) et qualité (pour fidéliser travailleurs et clients).

Cela implique d'abord la mise en place de valeurs éthiques et saines fortes, et le respect permanent de la mise en pratique de ces valeurs en interne et en externe, et ensuite la recherche d'équilibre financier et social dans ce contexte de respect et d'éthique.

Dans les pratiques d'entreprises conventionnelles, cela reviendrait à créer une nouvelle contrainte beaucoup trop forte pour pouvoir être mise en oeuvre sereinement, vécue comme une révolution et un changement impratiquable. Dans les entreprises sociales, alternatives et solidaires, c'est une base fondatrice que chacun des travailleurs met en oeuvre naturellement au quotidien.

L'un des exemples connus de ce mode de fonctionnement est Patagonia, qui créé et distribue dans le monde entier des vêtements de sport de grande qualité, fabriqués à partir de matériaux recyclés. D'autre entreprises, à des échelles plus locales fonctionnent sur ce même principe, que l'on appelle aussi pour certains acteurs "commerce équitable" : Idéo, pour les vêtements éthiques, Biocoop, pour la distribution de produits biologiques, ou Mademoiselle Bio, pour les cosmétiques naturels et écologiques distribués de manière alternative.

CREDITS

Kim Auclaire est à l'origine de cet article (publié sur http://toile.mastodonte.com/spip/article.php3?id_article=727)

Son article très juste a été revu et augmenté par mes soins, afin de répondre plus globalement aux réflexions que j'ai. La troisième partie sur « l'entreprise écologique » est de mon fait.