"Manager cela s’apprend alors qu’entreprendre se découvre ?" c'est ce que Laurent écrit sur enviedentreprendre.com

"L’un planifie et avance ses pions par rapport au passé, l’autre avance vers l’inconnu. L’un risque son job, l’autre risque tout. L’un calcule, l’autre fonce !"

Ca démarre bien :-)

Cette vision est un peu stéréotypée, mais relativement parlante pour les néophytes. Néanmoins, nuançons un peu le propos de Laurent. L'inconnu est quand même un peu cerné : avant de se lancer, on a travaillé une étude de marché, une road-map, un businnes model, un business plan, on a aussi un réseau, des amis et collègues, ou anciens collègues, qui vous soutiennent, vous guident, vous conseillent souvent pour le meilleur, parfois dans un intérêt purement personnel. Il n'y a rien de mal à cela.

"Des managers, il y en a dans toutes les entreprises privées (pour le public j’en suis nettement moins certain) car là où il y a une organisation il y a forcément quelqu’un qui dirige. Par contre les entrepreneurs sont comme les plantes sauvages. Ils apparaissent n’importe où et surtout pas là où on les attend. Contrairement à leurs homologues rien n’est véritablement planifié. Cela leur tombe dessus souvent suite à chômage ou autre événement plus ou moins prévisible."

Tiens on voit là un premier lien entre projet économique, intérêt général, et la nature... :-) Oui c'est vrai, les entrepreneurs poussent n'importe où, de façon totalement anarchique.

"Tout manager peut espérer découvrir qu’il est un entrepreneur (quelques %) et tout entrepreneur peut devenir un manager (95%). Les quelques entrepreneurs restant sont ceux qui ont un turbo et qui vous pondent des entreprises comme on respire. La routine les ennuie alors dès que le bébé marche tout seul ils repartent à l’assaut d’un nouveau défi. Très indépendantistes, ils ont du mal à se sentir enfermés dans un organigramme."

Tout comme dans une théorie de l'évolution bien connue, l'évolution est lente donc, et les pourcentages de sortants sont faibles.

"L’entrepreneur possède une qualité que le manager n’a pas ou n’a pas encore découvert : la capacité de se reconstruire quoiqu’il arrive. C’est comme une force intérieure, une invincibilité qui l’immunise face à la dépression. Il aura certes des poussées de fièvre ou on l’abandonnera corps et âme tant il est cadavérique mais il se relèvera. Il est comme inoxydable. Même mort il bouge encore !

Le manager, lui est plus vulnérable voilà pourquoi on le retrouve comme cadre dans une entreprise. Il a besoin d’être l’hôte d’une entité qui le rassure. Il saura ,s’il est loyal, se battre de toutes ses énergies pour l’entité qui l’a accueillie. Et puis s’il y a trahison (souvent après de nombreuses années), il se lancera dans l’aventure de l’entrepreneur.

90% des cadres supérieurs de multinationale qui se lancent dans l’entreprenariat font faillite ! Chiffre peu flatteur, cela a au moins le mérite de démontrer que quelque soit le titre, les diplômes et la paye d’un manager, l’entreprenariat n’est pas fait pour tous

Si devenir un manager vous tente, pas de problème. Si l’entreprenariat vous tente alors prévenez vos proches car ils vont souffrir. Autant le manager n’engage que lui globalement et accessoirement ses proches, l’entrepreneur implique la galaxie de toutes ses connaissances et surtout ses proches.

Si au fort de la tempête ses proches le lâchent alors il devient comme une âme en errance ne sachant plus à quoi vraiment s'accrocher. Si la situation dure, il s'écroule sur lui-même comme s'il n'avait plus de consistance. Il s'étiole à vue d'oeil et la dépression le mine définitivement.

Sans un soutien réel de ses proches très proches (femme et enfants), un entrepreneur n'a aucune chance de tourner les coups de boutoir à son avantage. Fort d'une volonté et d'un ego souvent surdimensionné, le combattant s'écroule quand l'affectif ne le nourrit plus, quand l'instinct de la survie du cercle familial n'est plus en action."

Là, je ne suis pas totalement d'accord avec Laurent. Il est vrai que l'ego est important dans la société occidentale, voire même ultra-dominant. Cependant, tous les entrepreneurs ne sont pas nécessairement comme cela. Les sociologues montrent que depuis 15 ans il y a une vague de fond dans le comportement des citoyens, à être plus proche de valeurs fondamentales, plus proche de la nature, plus proche des autres, des siens. Bref, plus humbles aussi, plus respectueux de la vie. Et cela touche aussi des entrepreneurs, portés par la seule (ou presque) volonté d'agir, d'être, d'avancer, pour ses concitoyens, dans un intérêt général qui porte l'entrepreneur et le nourrit intellectuellement. De plus, "femme et enfants" : pas vrai. Ca peut aussi être "homme". Il y a aussi des entrepreneuses, pensons donc aux couples en général et laissons la réflexion ouverte à tous les couples (homme qui soutient son homme, homme qui soutient sa femme, etc.).

"Voici pourquoi l'entrepreneur doit absolument ménager des plages horaires sociales avec ses proches malgré la contrainte d'un calendrier surbooké.

La notion de "socialisation" est l'une des pièces maîtresse d'une vie d'entrepreneur réussie.

A quoi sert d'être fier de votre entreprise florissante si à coté votre vie affective et familiale est un échec total. L'argent et la reconnaissance sociale ne remplaceront jamais les années perdues de votre vie affective et familiale.

Combien d'entrepreneurs (et de dirigeants de société) n'ont pas vu leurs enfants grandir. Leur entreprise leur a volé littéralement des années qu'il ne pourront jamais complété. Que dire de ce blanc, de cette inexistence de vie où l'on a été absent.

L'énergie, l'enthousiasme aiguillés par la volonté font que les entrepreneurs sont des battants dans l'âme. Derrière leur notoriété, leur argent ou leur réussite se cache des blessures, des manques que personne n'envirait d'avoir.

La réussite professionnelle est importante mais la réussite d'une vie de partage affectif l'est encore plus.

L'argent n'achètera jamais l'amour et le temps. Par contre l'amour vous fait passer des moments inoubliables et inestimables. Soyez riche de souvenirs de partage car c'est cela le bonheur.

Alors si vous découvrez que vous êtes un entrepreneur alors partagez avec vos proches, vos salariés et toutes les personnes que vous rencontrerez et je puis vous assurez que non seulement vous serez riche d'une vie bien remplie mais qu'en plus l'argent viendra à vous comme le soleil apporte la lumière."

Collaborer, partager, échanger, s'ouvrir, tendre les mains vers les personnes qui peuvent vous éclairer, comme les fleurs le font vers le soleil, comme dans la nature donc, on en revient toujours là... :-)

Dans ce contexte, la communication, alternative de préférence, ouverte, solidaire, sociale, naturelle, en réseau plutot qu'en hiérarchie (d'un autre temps la communication de masse hiérarchisée), a toute sa place. Développer une activité, un business, c'est l'ouvrir aux autres, prospects, clients, consommateurs, famille, amis, contacts pros, collègues, etc.

Ouvrir, c'est recueillir un max d'infos pertinentes (ou pas), et pouvoir les recouper, les centraliser, les faire vivre, les échanger, et en tirer des conclusions plus vite, de meilleure qualité, pour un projet plus fort, plus beau. L'ère du marché vertical ou horizontal est finie. Le 5ème pouvoir de Thierry Crouzet est en marche, laissons le vivre et évoluer à côté des 4 premiers. Il trouvera sa place, et les entrepreneurs du 5e pouvoir, cette nouvelle génération ouverte, rompue aux nouvelles technos, saura trouver ses us et coutumes.